La méthode
Un détecteur qui bipe est facile à construire. Un détecteur qui se tait quand il y a une explication est le vrai problème. Tout Omni-Core est organisé autour de cette idée.
Le Corrélateur
Profil de mission
Au démarrage, une seule question : « Bâtiment alimenté en électricité ? Oui / Non / Partiellement ». Dans un bâtiment alimenté, une signature 60 Hz est classée source électrique. Dans un bâtiment déclaré hors tension, la même signature devient une anomalie majeure — « signature électrique dans un bâtiment déclaré hors tension — vérifier ».
Calibration
Au démarrage, puis chaque fois que l’opérateur la demande, l’appareil apprend la signature de la pièce en ~45 s : médiane et écart absolu médian de chaque capteur, avec un plancher tiré de sa résolution physique. Une médiane ne se laisse pas tirer par un épisode bref : un événement réel survenu pendant l’apprentissage ne rend pas l’appareil aveugle à ce qu’il cherche. Le plancher, lui, empêche un capteur bloqué — qui renvoie une constante — de se déguiser en anomalie majeure. Les verdicts sont suspendus pendant la stabilisation — compromis assumé.
L’appareil ne devine pas qu’il a changé de pièce : recalibrer revient à l’opérateur. En contrepartie, un voyant passif « référence peut-être périmée » s’allume quand au moins 60 % des signaux dévient sans interruption depuis 60 s ou plus ; il ne suspend rien et ne modifie aucun verdict. Une pièce nommée recharge sa signature instantanément au retour.
Détection et corrélation
Un événement est un écart significatif à la signature apprise (z-score), jamais un seuil absolu. Les événements de tous les capteurs sont croisés dans une fenêtre glissante d’environ 3 secondes. L’analyse fréquentielle du magnétomètre isole la signature du réseau électrique (60 Hz et harmoniques).
Les trois verdicts
| Verdict | Lecture | Réaction |
|---|---|---|
| 🟢 Courant d’air | chute de température + air en mouvement | information |
| 🟠 Source électrique | fluctuation magnétique avec 60 Hz, température stable | identifiée, classée |
| 🔴 Anomalie non expliquée | fluctuation magnétique sans 60 Hz + chute de température + air calme | alerte + haptique |
Chaque verdict porte un score de confiance pondéré par l’ampleur des écarts ; le seuil est ajustable en mode Expert.
Quand un capteur manque
Une règle distingue les sens qu’elle exige des conditions qu’elle teste : « le magnétomètre est là et ne voit pas de 60 Hz » est une preuve ; « le magnétomètre est absent » est une ignorance. Si un sens exigé manque — capteur absent, en panne ou muet au-delà de son délai de fraîcheur —, la règle 🔴 ne peut pas aboutir : elle retombe en 🟠 « indéterminé — capteur absent », en nommant ce qui manque. Sans le thermique, un courant d’air n’est pas exclu ; l’appareil n’a donc pas le droit de dire « non expliqué ». Les règles 🟢 et 🟠 privées d’un sens, elles, ne se déclenchent pas.
Les règles vivent dans un fichier versionné, et chaque verdict porte la version qui l’a produit : quand elles seront ajustées après les premières visites terrain, les alertes des visites précédentes resteront explicables.
Un capteur qui se recalibre se tait
Certains capteurs se recalibrent seuls en pleine mission : la caméra thermique, par exemple, ferme périodiquement un obturateur interne pour recalibrer chacun de ses pixels. Sa mesure fait alors un saut permanent — de 0,44 à 1,23 °C selon le sens de la dérive, mesuré le 16 septembre 2026 —, qui imiterait exactement la chute franche que l’appareil cherche. Règle : un capteur qui se recalibre se tait, assez longtemps pour que la fenêtre de 3 secondes se vide de son ancienne référence, et compte pendant ce temps comme un sens absent — le verdict dégradé ci-dessus s’applique. Coût assumé : environ 4 secondes sans thermique à chaque obturation.
Le garde-fou anti-auto-interférence
Le premier suspect, c’est l’appareil lui-même. Il journalise son propre état — charge CPU, activité du SSD, activité Wi-Fi, écran, ventilateur — en parallèle des capteurs. Le SSD y figure pour une raison précise : la sauvegarde de la boîte noire coïncide par construction avec l’alerte, et l’écriture sur le disque émet un bruit radio large bande qu’on ne distinguerait pas, sinon, d’un événement réel. Tout événement qui coïncide avec un pic d’activité interne est marqué « origine interne probable » et exclu du score. Les détections de la sentinelle alimentent le même mécanisme : « présence électronique — cause humaine probable ».
A.R.V.A. v2 — ne jamais fabriquer de paréidolie
La v1 passait du bruit radio en continu dans un moteur de transcription : une machine à halluciner des mots, à l’opposé de la promesse du produit. La v2 inverse l’ordre :
- Détecter — sur les canaux acoustique et RF démodulé, chercher des événements (énergie en bande vocale se démarquant du bruit calibré, structure de formants, motifs répétés) ; détecteur d’activité vocale pour l’acoustique.
- Corréler — un événement audio n’a de statut que croisé avec les autres capteurs dans la fenêtre du Corrélateur.
- Transcrire en dernier — uniquement sur les segments qui ont passé le détecteur d’activité vocale, et toujours étiqueté : gris = interprétation non corroborée, vert = corroborée physiquement.
Un événement RF sur une fréquence de radiodiffusion est marqué « source probable : radiodiffusion ». Compromis assumé : moins de mots qu’une spirit box classique — mais chaque mot affiché est traçable dans la boîte noire.
La boîte noire
Tampon circulaire permanent. Chaque alerte sauvegarde les données brutes de tous les capteurs, l’audio et les vidéos thermique + NoIR sur ±10 secondes. Chaque alerte est prouvable ou réfutable après la mission. Logs chiffrés AES-256.
Le test de réussite
Dans une pièce test, l’appareil doit distinguer correctement un courant d’air provoqué, un appareil électrique allumé, et ne signaler une anomalie que si aucune cause naturelle n’est mesurée. Critère de sortie de la phase 1 : quatre scénarios classés correctement 9 fois sur 10 — un ventilateur, une perceuse filaire, un aimant sur perche passé seul (le silence est alors la bonne réponse), puis le même aimant avec une source froide, en air calme (l’anomalie doit alors être signalée). Rien d’autre n’est construit avant.